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Réorganisation des fréquences de Radio France : l'Alliance de la Radio dénonce un risque de passage en force de l'État

À l’issue de son conseil d’administration réuni ce 23 avril, l’Alliance de la Radio interpelle solennellement la ministre de la Culture sur le projet de réorganisation des fréquences de Radio France qui lui a été présenté le 30 mars dernier : alors qu’une demande par courrier lui a été adressée, restée sans réponse à ce jour, aucune concertation n’a été engagée. 

Ce silence est inacceptable au regard d’un projet qui constitue une reconfiguration majeure du paysage radiophonique, conduite à marche forcée, sans transparence et sans évaluation préalable.

Trois exigences, toujours ignorées

L’Alliance de la Radio rappelle avoir formulé trois demandes précises :

•             La communication immédiate des données et études d’impact de l’Arcom, demandées depuis plus d’un an, ayant conduit à ce plan ;

•             L’arrêt du programme de Mouv’, dont le format actuel ne respecte plus son cahier des charges, et restitution des fréquences dans le cadre d’un appel à candidatures organisé dans les plus brefs délais ;

•             Un engagement écrit de plafonnement des ressources publicitaires de Radio France, en l’absence de Contrat d’Objectifs et de Moyens.

 L’Alliance de la Radio n'acceptera aucune évolution qui se traduirait par une distorsion de concurrence, un recours supplémentaire au marché publicitaire ou un affaiblissement du pluralisme radiophonique.

Un calendrier impossible

Dans ces conditions, le délai de réponse fixé au 4 mai par le Ministère est intenable.

L’Alliance estime qu’un tel délai, répondre en l’absence d’éléments d’information précis transmis à ce jour, n’est pas compatible avec un véritable processus de consultation et concertation, pourtant indispensable dans le cadre d’un projet porteur d’impacts très importants sur le paysage radiophonique et les marchés en cause

Elle avait pourtant proposé, dans un esprit de responsabilité, un délai au 1er juin pour permettre une véritable analyse.

Un bouleversement des équilibres concurrentiels qui met en danger le pluralisme

L’Alliance de la Radio dénonce le fait que Radio France porte projet unilatéral de réorganisation du paysage radiophonique à son seul avantage, créant une distorsion de concurrence majeure, et ce, sans réaction de l’État.

Si l’objectif affiché est purement économique, alors Radio France pourrait simplement libérer ses fréquences au profit des radios privées dont plusieurs souffrent d’un manque de couverture territoriale et d’ancrage local, au lieu de les préempter à nouveau pour d’autres antennes.

Ce passage en force revient à faire financer les économies de Radio France sur le dos des radios privées, sans concertation, dans un contexte économique déjà fragilisé.

L’Alliance alerte également sur l’absence d’encadrement effectif du plafond publicitaire de Radio France, qui constitue une concurrence déloyale directe, au détriment des acteurs privés.

Alors que les radios privées sont financées exclusivement par la publicité et portent une diversité de voix, ce risque économique menace leur équilibre économique et, in fine, porte atteinte au pluralisme, au seul détriment des citoyens.

Un mépris pour la radio privée qui représente 3 auditeurs sur 4

Alors que la radio demeure le premier média de masse en France, avec 3 auditeurs sur 4 et plus de 38 millions d’auditeurs quotidiens, elle est aujourd’hui ignorée des pouvoirs publics.

Un appel solennel

Forte de son unité, l’Alliance de la Radio appelle le Gouvernement à mettre fin à ce passage en force et à rétablir un cadre transparent, concerté et équitable, seul garant du pluralisme et de l’intérêt général.